Nous nous sommes rencontrées avec Elsa Monsegur l’été dernier à la Maison des Canaux. Le projet de la Textilerie était dans les tuyaux et le lieu a officiellement ouvert ses portes le 13 janvier 2018 au 22 rue du Château Landon dans le 10ème arrondissement.

Un local très chaleureux qui prône le recyclage et l’utilisation de fibres naturelles à travers notamment des ateliers couture et la vente de vêtements.

Crédit photo Manon Riff Sbrugnera

1) Tout d’abord bravo pour la concrétisation de ton projet. Quel a été le fil conducteur qui a permis à la Textilerie de voir le jour ?
 
En fait le projet est né de ma rencontre en 2016 avec Alice Merle et son association Mode Estime.

Ancienne grande consommatrice de vêtements de fast fashion, ayant découvert les joies de la machine à coudre en transformant des vêtements que je ne mettais plus, j’avais vraiment envie de créer un lieu qui allie DIY et récupération de textile. Cette idée a cheminé jusqu’à Alice, qui, elle, était déjà dans la couture puisqu’elle a créé Mode Estime, un chantier d’insertion par la couture, en 2011. Elle avait alors envie d’aller plus loin dans la sensibilisation des personnes aux enjeux de la filière textile, de mettre en valeur les créateurs engagés avec lesquels son atelier travaille, de rendre plus accessible l’achat de tissus biologiques...

Avec la Textilerie, on a fait se rencontrer nos envies et on a rassemblé des activités et des produits sur une logique de filière courte et responsable : des matières premières traçables, des produits de créateurs écoresponsables, un atelier avec des cours et du matériel pour permettre aux personnes de fabriquer, réparer ou transformer leurs vêtements et enfin une recyclerie pour prolonger leur vie !

 

2) Même si la consommation durable peut intéresser tout type de public, y-en-a-t-il que tu vises plus spécifiquement ?

C’est certain qu’on intéresse un public désireux de consommer autrement et de façon respectueuse. Car on propose une alternative en matière d’habillement en le faisant participer au processus de création et en rendant accessibles des matières et produits, entre autres choisis en fonction de leur impact écologique et social.
Il y aussi toutes les personnes à la recherche d’un loisir créatif ou d’une activité manuelle… Ça tombe bien, il y a de plus en plus de femmes, d’hommes, d’enfants qui ont envie d’apprendre à coudre, car c’est à la fois réjouissant et « autonomisant » !

 

3) J’ai pu constater lors de l’inauguration que de nombreuses personnes s’étaient mobilisées pour soutenir le projet et que la dimension sociale était importante. Je me trompe ?

Non tu as raison, il y a l’idée de tisser du lien entre les gens. On veut vraiment que la Textilerie soit un lieu de vie, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a un petit café.
Le projet a pu voir le jour grâce à l’aide apportée par de nombreuses personnes, au premier rang desquelles nos amis. Le lieu porte donc en quelque sorte l’empreinte de ces efforts collectifs, et aussi de toutes les personnes qui le fréquentent, donnent des vêtements, proposent leurs idées ou leur aide…

 4) L’industrie du textile, deuxième industrie la plus polluante au monde ! Qu’est-ce-que cela t’inspire ?

L’urgence d’acheter moins, mieux…et peut-être de comprendre qu’un vêtement peut avoir une valeur inestimable si l’on considère qu’il est porteur à la fois de l’histoire de sa fabrication et de celle de son.ses porteur.s !!

Crédit photo Manon Riff Sbrugnera

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